Les maladies de l’olivier : comment les reconnaître et les soigner

Ce printemps, j’ai cru perdre le grand olivier qui trône au centre de notre jardin depuis bien avant notre arrivée. Des feuilles par dizaines jonchaient le sol chaque matin. En regardant de plus près les branches, j’ai vu ces petites taches rondes brun-jaune que je ne connaissais pas. Panique. Coup de téléphone à la pépinière de Montélimar, diagnostic rapide : oeil de paon. L’hiver avait été plus humide que d’habitude dans la Drôme, les champignons avaient fait leur travail. Deux passages de bouillie bordelaise plus tard, l’olivier s’est repris.

Ce que j’ai appris à cette occasion, c’est que la plupart des maladies de l’olivier sont beaucoup moins dramatiques qu’elles n’y paraissent. Cet arbre est résistant, presque indestructible. Encore faut-il savoir distinguer un problème réel d’un simple renouvellement naturel du feuillage, et agir vite quand c’est nécessaire. Ce guide rassemble ce que j’aurais aimé trouver ce matin de panique : les maladies de l’olivier les plus courantes, leurs symptômes, et les traitements qui fonctionnent vraiment.

Feuilles d'olivier avec des taches circulaires brunes caractéristiques de la maladie de l'oeil de paon
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Les maladies de l'olivier en bref

L'olivier est sensible à quelques maladies fongiques et bactériennes principales. La plupart se traitent facilement avec de la bouillie bordelaise. Seules la verticilliose et le pourridié sont potentiellement mortels, mais rares.

  • Oeil de paon (cycloconium) : taches circulaires sur les feuilles, traitement à la bouillie bordelaise
  • Fumagine : dépôt noir sur le feuillage, souvent causé par des insectes parasites
  • Mouche de l'olivier : s'attaque aux olives en juillet-août, pièges à phéromones en prévention
  • Tuberculose et chancre : excroissances sur le bois, couper les branches atteintes
  • Verticilliose : dessèchement brutal, maladie grave sans traitement curatif

L’oeil de paon, le champion des maladies printanières

C’est la maladie que vous allez croiser le plus souvent si vous habitez dans le sud. L’oeil de paon, ou cycloconium de son nom scientifique (Spilocaea oleaginea), adore les printemps humides. Et les printemps humides dans la Drôme, on en a quelques-uns.

Comment reconnaître l’oeil de paon sur un olivier ?

Sur les feuilles infectées, des taches circulaires brunes apparaissent, entourées d’un halo jaunâtre. L’effet rappelle effectivement l’oeil d’un paon. Ces taches se développent surtout sur les feuilles âgées de plus d’un an. Si rien n’est fait, les feuilles jaunissent progressivement puis tombent. Un arbre très atteint peut perdre la moitié de son feuillage en quelques semaines, ce qui affaiblit sa production d’olives pour l’année.

Attention au faux positif : les feuilles d’olivier ont une durée de vie naturelle de 2 à 3 ans. Un jaunissement uniforme et progressif d’une partie du feuillage, sans taches, c’est souvent le renouvellement normal. Ce n’est pas l’oeil de paon.

Quand et comment traiter ?

La bouillie bordelaise est le traitement de référence, et le seul autorisé en agriculture biologique. La dose standard : 150 g de bouillie bordelaise pour 10 litres d’eau, en pulvérisation sur toute la frondaison. Deux passages dans l’année suffisent généralement : un en mars-avril (juste après la taille, avant les premières pluies contaminatrices), un second à l’automne vers octobre-novembre.

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Le conseil de Camille

Mon erreur la première année : j’ai attendu de voir des symptômes importants avant de traiter. La bouillie bordelaise est avant tout un traitement préventif. Une fois que les taches sont bien installées, elle ralentit mais ne supprime pas ce qui est déjà là. Traitez en mars même si votre olivier a l’air en bonne santé.

La fumagine, ce dépôt noir qui inquiète sans raison

Si votre olivier est recouvert d’une fine couche noire et poussiéreuse sur les feuilles et les branches, c’est presque certainement de la fumagine. On appelle aussi cette maladie le « noir de l’olivier ». La bonne nouvelle : ce n’est pas si grave. La mauvaise : si vous ne la traitez pas, elle s’étend.

D’où vient cette couche noire ?

La fumagine est un champignon, mais il ne s’attaque pas directement aux tissus de l’arbre. Il se développe sur le miellat, cette substance sucrée et collante sécrétée par les insectes parasites comme la cochenille ou le psylle. En clair : si vous avez de la fumagine, cherchez l’insecte qui en est à l’origine. La fumagine est une conséquence, pas la cause première. Elle réduit la photosynthèse des feuilles recouvertes, ce qui affaiblit l’arbre à terme.

Comment s’en débarrasser ?

Deux étapes. D’abord, taille sévère pour éliminer les branches les plus atteintes et aérer la couronne. Ensuite, pour les branches et le tronc, une brosse et du savon de Marseille dilué dans l’eau font des merveilles (oui, vraiment). Pour la prévention : bouillie bordelaise en mars, et surveillance des cochenilles entre mai et juillet.

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La mouche de l’olivier et les autres parasites à surveiller

L’olivier n’attire pas que les maladies fongiques. Plusieurs insectes peuvent s’inviter, avec des conséquences très variables selon l’espèce. Certains sont anecdotiques, d’autres peuvent compromettre toute une récolte.

La mouche de l’olivier : l’ennemie des récoltes

La Bactrocera oleae est la bête noire des oléiculteurs. Cette mouche pond ses oeufs directement dans les olives à partir de juillet-août, quand les drupes commencent à se former. Les larves creusent des galeries à l’intérieur du fruit, le rendant inutilisable en huile (taux d’acide oleique trop élevé) et inesthétique en table. Si vous ne récoltez pas vos olives, l’impact reste limité. Mais si vous avez de belles olives à protéger, installez des pièges à phéromones dans les branches dès fin juin : ils attirent les femelles avant qu’elles ne pondent.

Cochenille, teigne et psylle

La cochenille noire de l’olivier se manifeste par de petites capsules noires sur le dos des feuilles et des branches, entre mai et juillet. Elle suce la sève et produit le miellat qui engendre la fumagine. Une surveillance régulière suffit pour intervenir à temps. La teigne de l’olivier (Prays oleae) est un petit papillon dont la chenille creuse les feuilles en hiver. Si le taux de feuilles minées reste sous les 10 %, un traitement est inutile. Le psylle, lui, se repère à son aspect cotonneux sur les rameaux ; supprimer les pousses atteintes et traiter à la bouillie bordelaise.

Tuberculose, chancre et verticilliose : quand ça devient sérieux

Certaines maladies de l’olivier méritent d’être prises plus au sérieux. Non pas parce qu’elles sont fréquentes, mais parce que leur prise en charge tardive peut coûter cher à l’arbre.

La tuberculose de l’olivier : ces excroissances sur les branches

La tuberculose de l’olivier est causée par la bactérie Pseudomonas savastanoi. Elle se manifeste par des gonflements nodueux sur les branches et le tronc, qui ressemblent à des verrues de bois. La bactérie profite des plaies ouvertes pour s’installer : après la taille, après le gel, après la grêle. C’est pour cette raison qu’il faut toujours désinfecter ses outils de taille, exactement comme pour d’autres arbres sensibles aux bactéries. Les branches atteintes doivent être coupées et brûlées. Il n’existe pas de traitement curatif, mais la maladie n’est pas mortelle si elle est contenue tôt.

La verticilliose : la seule maladie vraiment à redouter

La verticilliose est causée par le champignon Verticillium dahliae, présent dans le sol. Elle s’installe souvent après des blessures aux racines (empotage, arrachage, travail du sol trop profond). Les symptômes : dessèchement brutal d’une ou plusieurs branches, feuilles qui restent accrochées mais prennent une teinte gris-brun. Il n’existe aucun traitement curatif efficace. La prévention reste le seul levier : éviter les blessures racinaires, ne pas planter d’olivier dans un sol qui a accueilli des tomates ou des pommes de terre (plantes vectrices du champignon), et choisir des variétés moins sensibles. Si les dégâts restent localisés à une branche, coupez largement, avec un outil désinfecté.

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Les mêmes réflexes s’appliquent pour d’autres arbres du jardin : identifier les symptômes, agir vite, désinfecter les outils.

Mon programme de traitement préventif tout au long de l’année

Depuis mon épisode de panique printanière, j’ai mis en place un calendrier simple. Je ne suis pas oléicultrice professionnelle, et je n’ai pas les moyens (ni l’envie) de traiter toutes les trois semaines. Mais deux passages de bouillie bordelaise bien placés dans l’année suffisent pour protéger mes oliviers de l’essentiel.

Le calendrier de traitement en deux passages

Premier passage : mars-avril. Juste après la taille annuelle, avant les premières pluies contaminatrices du printemps. C’est le plus important. On traite la frondaison entière avec 150 g de bouillie bordelaise pour 10 litres d’eau. On en profite pour vérifier l’état des branches et couper tout ce qui paraît suspect.

Second passage : octobre-novembre. Avant l’hiver, pour prévenir les attaques automnales et préparer l’arbre à la saison froide. Même dosage. Ce second passage est particulièrement utile les années à automne humide.

Les règles de bonne pratique qui font la différence

Quelques habitudes simples limitent vraiment les risques de maladies de l’olivier. Un sol bien drainé en premier lieu : l’excès d’humidité aux racines est la cause numéro un des problèmes. Si votre olivier est planté près d’une pelouse avec arrosage automatique, sachez que ça ne lui convient pas du tout. Ensuite, des outils désinfectés à chaque taille (alcool à 70°, ou eau de javel diluée au 1/10). Enfin, ne jamais laisser des branches taillées ou des feuilles malades au pied de l’arbre : brûlez-les, ou à défaut, mettez-les à la déchetterie.

Tableau de diagnostic rapide : je vois quoi, c’est quoi, je fais quoi

Vous avez quelque chose d’anormal sur votre olivier et vous ne savez pas quoi ? Ce tableau devrait vous orienter en moins de deux minutes.

Ce que je voisMaladie probableUrgenceTraitement
Taches rondes brun-jaune sur les feuilles, chute des feuillesOeil de paon (cycloconium)ModéréeBouillie bordelaise 150 g/10 L, 2 passages/an
Dépôt noir et collant sur les feuilles et branchesFumagineFaibleTaille aérative + savon de Marseille + traiter cochenilles
Olives trouées, ramollies, pourrissantes à partir de juilletMouche de l’olivierModérée (récolte)Pièges à phéromones dès fin juin, insecticide si nécessaire
Excroissances noueuses sur les branches, verrues de boisTuberculose (chancre)ModéréeCouper les branches atteintes, brûler, désinfecter les outils
Dessèchement brutal d’une branche entière, feuilles accrochéesVerticillioseHauteAucun curatif – couper largement, outils désinfectés, surveiller
Capsules noires sur le dos des feuilles entre mai et juilletCochenille noireFaibleÉcraser manuellement ou insecticide léger, surveiller fumagine
Jaunissement uniforme de feuilles entières, pas de tachesRenouvellement naturel du feuillageAucuneRien à faire, c’est normal tous les 2-3 ans

Si vous avez un doute après ce tableau, la meilleure chose à faire reste de passer à votre pépinière locale avec une branche prélevée sur l’arbre. Les gens qui vendent des oliviers en Drôme provençale connaissent les maladies de l’olivier et ses besoins mieux que n’importe quel article en ligne.

Autre ressource utile : le site de l’AFIDOL (Association française interprofessionnelle de l’olive) publie régulièrement des bulletins sur les maladies de l’olivier et leur évolution en France. Consultez-le si vous gérez plusieurs arbres ou si vous souhaitez aller plus loin que le jardinage amateur. Et si vous voulez aller plus loin sur l’entretien global de votre jardin méditerranéen, j’ai aussi rassemblé mes meilleures idées d’aménagement.

❓ Vos questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées sur les maladies de l'olivier

Comment savoir si mon olivier est vraiment malade ou si c'est normal ?

Le signe distinctif : regardez les feuilles qui tombent. Si elles sont uniformément jaunes, sans taches ni motif particulier, c'est le renouvellement normal du feuillage, qui se produit tous les 2 à 3 ans. Si en revanche les feuilles présentent des taches rondes, des dépôts, ou si ce sont des branches entières qui sèchent, c'est une maladie réelle qui nécessite une intervention.

Pourquoi les feuilles de mon olivier tombent-elles massivement ?

Trois raisons principales. L'oeil de paon (taches rondes brun-jaune sur les feuilles) est la cause la plus courante, surtout après un printemps humide. Un excès d'arrosage ou un sol mal drainé peut aussi provoquer une chute massive. Enfin, un stress hydrique intense pendant l'été peut déclencher une chute temporaire de protection. Dans tous les cas, examinez les feuilles tombées : des taches visibles = maladie, des feuilles uniformément jaunes = cause physiologique ou culturale.

Comment traiter l'oeil de paon sur un olivier ?

La bouillie bordelaise est le traitement de référence, autorisé en bio. Dosez à 150 g pour 10 litres d'eau et pulvérisez sur toute la frondaison. Deux passages par an suffisent : un en mars-avril (avant les pluies printanières) et un en octobre-novembre. C'est un traitement essentiellement préventif : agissez avant que les symptômes s'aggravent.

La verticilliose tue-t-elle vraiment l'olivier ?

Elle peut être mortelle, mais c'est rare. La verticilliose se manifeste par le dessèchement brutal d'une ou plusieurs branches. Si l'infection reste localisée, couper largement la branche atteinte (jusqu'au bois sain) avec des outils désinfectés peut sauver l'arbre. Le vrai risque vient des oliviers récemment transplantés ou blessés aux racines, chez qui la maladie peut se propager plus vite.

Quand faut-il traiter un olivier pour prévenir les maladies ?

Deux moments clés dans l'année : juste après la taille de printemps en mars-avril, et en octobre-novembre avant les premiers froids. Ces deux passages à la bouillie bordelaise couvrent les principales fenêtres de contamination fongique. Pour la mouche de l'olivier, l'installation de pièges à phéromones dès fin juin est le geste préventif le plus efficace.

Peut-on utiliser la bouillie bordelaise si on a un olivier en pot ?

Oui, la bouillie bordelaise s'applique aussi bien sur les oliviers en pot que sur ceux en pleine terre. Vaporisez sur toute la frondaison en veillant à bien mouiller le dessous des feuilles. Pour un olivier en pot, sachez que les maladies les plus fréquentes viennent souvent d'un substrat mal drainant ou d'arrosages trop fréquents : vérifiez ces deux points avant de conclure à une maladie fongique.

Camille Laurent
Camille Laurent. Depuis 15 ans, je partage mes passions pour la cuisine, la maison, le jardin et les travaux. Spécialisée en cuisine française et méditerranéenne, je crée du contenu pratique pour vous aider à améliorer votre quotidien. Tous mes articles sont basés sur des années de pratique réelle.
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