Mon olivier a huit ans cette année. Je me souviens encore de ma première taille catastrophique, par un beau dimanche de juin, convaincue que c’était le bon moment parce que le soleil brillait et que j’avais du temps libre. Résultat : l’arbre a mis deux ans à se remettre vraiment, et mon voisin agriculteur m’a regardée avec une expression que je n’oublierai pas de sitôt. C’est lui qui m’a expliqué, entre deux rangées de vigne, pourquoi le calendrier de taille d’un olivier ne se choisit pas au hasard.
Depuis, je taille mes oliviers fin février, quand les amandiers commencent à fleurir dans le village. C’est mon signal naturel : si les amandiers osent pointer leurs fleurs, les gelées sont derrière nous. La question « quand tailler un olivier » revient souvent dans mes messages, donc voici tout ce que j’ai appris sur ce sujet, avec les bons moments et les erreurs à ne pas reproduire.

La période idéale pour tailler un olivier est fin février dans le sud de la France, et entre mars et mai dans les régions plus froides. On taille après les dernières gelées, mais avant la floraison. Un olivier ornemental se taille chaque année légèrement ; un olivier fruitier se taille tous les deux ans plus sévèrement.
- Sud de la France : fin février à début mars, dès que le gel est écarté
- Régions plus froides : attendre avril, voire mai, selon les températures
- Jamais après l'apparition des premières fleurs (fin mai)
- Olivier fruitier : taille de fructification tous les deux ans ; ornemental : entretien annuel léger
Les périodes, types de taille et astuces pratiques sont détaillés dans la suite.
Table des matières
ToggleLa période idéale pour tailler un olivier en France
L’olivier est un arbre méditerranéen qui n’aime pas les extrêmes. Trop froid au moment de la taille et les plaies cicatrisent mal. Trop tard et vous risquez de couper les futurs bourgeons floraux. La fenêtre idéale est donc relativement précise, mais elle varie selon où vous habitez.
Dans le sud de la France : la fenêtre de fin février
Ici en Provence, la règle de base est simple : on taille dès que le risque de gel nocturne est écarté, généralement à partir de la fin février. Le gel n’est plus vraiment menaçant à cette période dans le Gard, le Var ou les Bouches-du-Rhône, et l’olivier n’a pas encore entamé sa floraison. C’est la fenêtre parfaite.
Concrètement, je surveille les prévisions météo sur une quinzaine de jours. Si aucune nuit en dessous de -2°C n’est annoncée, je peux sortir mon sécateur. Certaines années, j’ai pu tailler dès la mi-février. D’autres, j’ai attendu la première semaine de mars à cause d’une petite vague de froid tardive.
Dans les régions plus froides : patienter jusqu’en avril-mai
Si vous habitez plus au nord, en Ardèche, dans la Drôme, ou même dans certaines zones d’altitude du Languedoc, il faut être plus prudent. Les gelées printanières peuvent survenir jusqu’en avril. La taille idéale se situe alors entre mars et mai, en adaptant selon votre altitude et votre exposition.
La règle reste la même : attendre que les températures nocturnes restent durablement au-dessus de 0°C. Un arbre dont les plaies de taille gèlent dans les jours qui suivent souffre beaucoup plus qu’un arbre taillé en retard.
La limite absolue : avant la floraison
Quelle que soit votre région, il existe une date butoir : la floraison de l’olivier. Elle débute généralement vers la fin mai. Une fois les fleurs apparues, toute taille risque de supprimer les futures olives. Si vous avez raté la fenêtre de printemps, mieux vaut attendre l’automne pour une taille légère d’entretien, ou jusqu’au printemps suivant pour une taille plus sérieuse.
Quelle fréquence pour tailler votre olivier ?
La fréquence de taille dépend du type d’arbre et de l’objectif que vous lui donnez. Ornemental ou fruitier, jeune ou mature, en pot ou en pleine terre : la réponse n’est pas la même.
Olivier ornemental : une taille légère chaque année
Si votre olivier est planté pour son port et son feuillage argenté, sans attente de récolte, une taille légère annuelle suffit. On supprime les branches mortes, celles qui se croisent, les rejets à la base du tronc, et on pince les jeunes rameaux qui partent dans tous les sens. Ça prend vingt minutes et ça garde l’arbre beau et équilibré.
Le mien au fond du jardin, celui que je laisse en forme naturelle, je le touche à peine. Juste quelques coups de sécateur pour qu’il reste aéré. Il n’a jamais été aussi beau que depuis que j’ai arrêté de trop l’intervenir.
Olivier fruitier : tous les deux ans pour la taille de fructification
Pour un olivier que vous souhaitez productif, la logique est différente. L’olivier fructifie sur le bois de l’année précédente. Une taille de fructification trop fréquente supprimerait les rameaux porteurs avant qu’ils aient pu donner des fruits. La fréquence traditionnelle est donc tous les deux ans, en alternance avec une taille d’entretien plus légère les années intermédiaires.
Cette taille bisannuelle consiste à raccourcir les branches qui ont déjà produit, à supprimer celles qui poussent vers l’intérieur, et à aérer la couronne pour que la lumière atteigne tous les fruits. C’est plus technique, mais très satisfaisant quand on voit la récolte s’améliorer d’une saison à l’autre.
| Type d’olivier | Fréquence recommandée | Période idéale | Objectif principal |
|---|---|---|---|
| Ornemental | 1 fois par an | Fin février à mai | Silhouette, équilibre |
| Fruitier (taille de fructification) | Tous les 2 ans | Fin février à avril | Production d’olives, aération |
| Fruitier (entretien) | Annuellement entre les tailles | Fin février à avril | Supprimer le bois mort, rejets |
| Jeune olivier (formation) | Annuellement pendant 3-5 ans | Début printemps | Former la charpente |
| En pot | 1 fois par an, légère | Fin hiver à printemps | Maintenir volume compact |
Les différents types de taille selon l’âge de l’arbre
Tous les oliviers ne reçoivent pas la même taille. Un jeune arbre de deux ans et un vieux spécimen de vingt ans ne s’approchent pas avec les mêmes outils ni le même objectif.
La taille de formation : les 3 à 5 premières années
Quand vous plantez un jeune olivier, la priorité est de lui donner une bonne charpente. On attend que le tronc atteigne environ 1 mètre de hauteur avant d’intervenir. Ensuite, on sélectionne 3 à 5 branches principales bien réparties tout autour du tronc, qui deviendront les branches charpentières, et on supprime tout le reste à la base.
La forme traditionnelle recommandée pour un olivier fruitier est le gobelet : un tronc central surmonté de branches qui s’évasent vers l’extérieur, laissant le centre de l’arbre ouvert à la lumière. C’est cette forme aérée que vous voyez dans les vieilles oliveraies provençales.
La taille de fructification : stimuler la production
Une fois la charpente établie, la taille de fructification prend le relais tous les deux ans. L’idée est d’encourager les rameaux de l’année précédente en raccourcissant ceux qui ont déjà produit et en supprimant les gourmands (ces pousses vigoureuses qui montent verticalement et consomment beaucoup d’énergie sans produire de fruits).
On vise toujours une couronne aérée où la lumière pénètre jusqu’au cœur de l’arbre. Un olivier trop dense produit des olives de qualité médiocre parce qu’elles ne mûrissent pas uniformément.
Avant de tailler, je fais toujours le tour de l’arbre et j’observe sa silhouette d’ensemble. Les branches à supprimer en priorité sont celles qui « rentrent » vers l’intérieur ou qui se croisent. Imaginez que vous voulez qu’un oiseau puisse voler librement au travers de la couronne : si ça semble compliqué, c’est qu’il y a trop de branches. Et ne coupez jamais plus d’un tiers de la masse feuillue en une seule fois : l’arbre a besoin de ses feuilles pour vivre.
La taille de régénération : redonner vie à un vieil arbre
Vous avez hérité d’un olivier jamais taillé, ou votre arbre a beaucoup souffert d’une gelée ? La taille de régénération peut lui redonner de la vitalité. Elle consiste à rabattre progressivement les branches les plus vieilles sur deux à trois ans, pour ne pas traumatiser l’arbre d’un seul coup.
Attention : cette taille se fait toujours au printemps, et jamais l’été quand l’arbre est en plein effort de fructification. Et après une taille sévère, l’olivier peut prendre deux à trois ans avant de reprendre une production normale. Patience.
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Les situations particulières : gel tardif, été, automne
La vie de jardinier réserve des surprises. Que faire quand on a raté la période idéale, ou quand les circonstances imposent d’intervenir à un autre moment ?
J’ai raté la période de printemps : que faire ?
Si votre olivier est déjà en fleurs ou en période de jeunes fruits, ne touchez à rien. Attendez la fin de la récolte, en novembre, pour effectuer une taille légère d’entretien. La vraie taille de fructification sera pour le printemps suivant.
En juillet, il est possible de supprimer les gourmands qui consomment l’énergie de l’arbre. Cette taille en vert doit rester légère : on retire juste les pousses verticales non fructifères, sans toucher aux rameaux porteurs d’olives.
Peut-on tailler un olivier en automne ?
Une taille légère en automne, après la récolte des olives (octobre-novembre), est tout à fait possible pour supprimer le bois mort et équilibrer rapidement la silhouette. En revanche, évitez toute taille sévère à cette période : les plaies importantes n’ont pas le temps de cicatriser avant l’hiver, et le premier gel peut causer des dégâts sur les blessures fraîches.
Un gel tardif après la taille : comment réagir ?
Ça m’est arrivé une fois, en mars : j’avais taillé tôt et une gelée surprise est tombée à -3°C trois jours après. Les plaies de coupe ont noirci légèrement. Mon réflexe : rien n’a été catastrophique, l’olivier a bien récupéré. Mais depuis, j’attends toujours une fenêtre météo de quinze jours sans gel annoncé avant de tailler. Selon les recommandations de l’INRAE, les coupes fraîches sont sensibles au gel pendant environ dix jours.
Les bons outils pour tailler efficacement
Une belle taille, ça commence avec des outils propres et bien aiguisés. Une coupe nette cicatrise deux à trois fois plus vite qu’une coupe arrachée ou écrasée.
Le matériel selon le diamètre des branches
Pour les jeunes rameaux jusqu’à 1,5 cm de diamètre, un bon sécateur à deux lames (type bypass) suffit. Pour les branches entre 2 et 4 cm, un sécateur de taille à manche long ou un petit ébrancheur est beaucoup plus confortable. Au-delà de 4-5 cm, passez à la scie arboricole à lame courbe : elle coupe proprement et votre poignet vous remerciera.
Je passe toujours mes lames à l’alcool à 70° entre chaque arbre, et je les affûte en début de saison. Un outil rouillé ou émoussé n’est pas anodin : il favorise l’entrée de champignons dans les plaies.
Le produit cicatrisant : utile ou gadget ?
Pour les petites coupes (moins de 2 cm), le mastic cicatrisant n’est pas indispensable. L’olivier cicatrise très bien seul. En revanche, pour les coupes de gros diamètre, sur les branches charpentières notamment, je passe toujours une petite couche de mastic ou de bouillie bordelaise. Ça limite le risque d’infection et ça me rassure aussi, soyons honnêtes.
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Après la taille : que faire des branches coupées ?
Les rameaux d’olivier coupés ne se jettent pas n’importe comment. D’abord parce que les feuilles peuvent être données aux poules ou aux chèvres (elles adorent ça). Les petites branches se broyent facilement au broyeur thermique ou électrique pour en faire du paillis autour du pied de l’arbre ou dans les allées du jardin.
Attention toutefois : si votre arbre a montré des signes de maladie (taches sur les feuilles, bois desséché anormal), ne réutilisez pas les déchets de taille directement au jardin. Mieux vaut les emmener en déchetterie. La teigne de l’olivier et certains champignons se propagent par les résidus végétaux.
Ce que je fais chaque année : les grosses branches partent à la déchetterie verte, les petits rameaux passent au broyeur, et je récupère les feuilles vertes fraîches pour mon compost. Rien ne se perd. Si votre jardin abrite aussi dautres arbustes méditerranéens, mon article sur la taille du laurier rose suit la même logique saisonnière.
❓ Vos questions fréquentes
Les réponses aux questions les plus posées sur la taille de l'olivier
Une taille légère en juillet est possible : on peut supprimer les gourmands (pousses verticales vigoureuses) pour éviter qu'ils volent l'énergie de l'arbre pendant la fructification. En revanche, une taille sévère en plein été est fortement déconseillée. La chaleur ralentit la cicatrisation, et supprimer trop de feuillage lors d'une canicule stresse l'arbre de manière importante. Réservez les tailles conséquentes pour le printemps.
Pas nécessairement. Un olivier ornemental peut se contenter d'une taille légère annuelle. Un olivier fruitier se taille sérieusement tous les deux ans (taille de fructification), avec juste une suppression du bois mort les années intermédiaires. Un arbre bien formé et en bonne santé peut même passer deux ou trois ans sans intervention majeure si vous supprimez régulièrement les rejets à la base et les branches mortes.
Si vous avez retiré plus d'un tiers de la masse feuillue en une seule fois, c'est probablement trop. L'arbre réagit généralement en émettant beaucoup de gourmands vigoreux à la base du tronc et sur les branches charpentières : c'est sa façon de reconstituer son feuillage en urgence. Il risque aussi de ne pas produire de fruits l'année suivante. La solution : laisser l'arbre se reprendre, supprimer progressivement les gourmands en excès, et être plus mesuré l'année prochaine.
Pour les branches de moins de 2 cm, un sécateur bypass suffit. Entre 2 et 5 cm, un ébrancheur ou un sécateur à manche long est plus adapté. Au-delà de 5 cm, passez à la scie arboricole. Dans tous les cas, des lames propres et affûtées sont indispensables : une coupe nette cicatrise deux fois plus vite qu'une coupe écrasée. Pour les branches très importantes (plus de 10 cm), vous pouvez à faire appel à un élagueur professionnel.
Après un épisode de gel, attendez le printemps et les beaux jours pour évaluer les dégâts. Grattez légèrement l'écorce des branches douteuses : si le bois en-dessous est vert, la branche est vivante. Si c'est brun et sec, elle est morte et doit être supprimée. Taillez uniquement les parties clairement mortes, en coupant jusqu'au bois sain. Un olivier gelé peut sembler mort en surface mais redémarrer vigoureusement de la base : soyez patient avant de prendre une décision radicale.
La période est la même (fin hiver, début printemps), mais la technique est plus légère. Un olivier en pot pousse plus lentement et une taille sévère peut le déstabiliser. On se contente de raccourcir les rameaux trop longs pour maintenir un port compact, de supprimer les branches mortes et les rejets. Une taille légère chaque année vaut mieux qu'une taille sévère tous les trois ans. Profitez-en aussi pour vérifier si le pot est devenu trop petit.
